Procrastination : comment arrêter de tout remettre à plus tard ?

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« Pourquoi faire tout de suite ce qu’on peut faire plus tard ? »
Merci Orelsan pour ces paroles qui introduisent parfaitement le sujet du jour !

Cette question t’a déjà peut-être effleuré l’esprit, en particulier lorsque tu es face à une tâche pénible. Tu peux y répondre de deux manières… D’une part, il y a ceux qui préfèrent se débarrasser de la corvée pour avoir l’esprit libre et se consacrer ensuite aux tâches agréables (la fameuse méthode Eat That Frog, alias « Avalez le crapaud »). Et puis il y a les autres, ceux qui appliquent au pied de la lettre ce conseil et préfèrent la repousser.

Si tu te reconnais dans la deuxième catégorie, tu es ce que l’on appelle un procrastinateur. Nous allons découvrir ensemble ce qu’est la procrastination. Et, spoiler alerte, comme ce n’est pas une fatalité, je te proposerai quelques étapes pour passer à l’action.

Qu'est-ce que la procrastination ?

La procrastination est la tendance à remettre les choses au lendemain.

Elle apporte une charge mentale conséquente. À force de reporter les actions, la liste s’allonge et puis la culpabilité pointe le bout de son nez. Mais ne te jette pas la pierre, nous sommes tous un peu procrastinateurs.

La paresse, une forme de procrastination ?

Il ne faut pas confondre la procrastination avec la paresse. Le premier est un processus actif, c’est-à-dire que l’on préfère faire autre chose que la tâche que l’on devrait faire. En revanche, la paresse suggère de l’inactivité et un manque de volonté d’agir.

La procrastination, une maladie ?

Toutefois, la procrastination ne doit pas être confondue avec l’aboulie (trouble mental caractérisé par la diminution ou la privation de la volonté). Ce n’est donc pas une maladie, mais un comportement sur lequel on peut agir.

Néanmoins, chez certaines personnes, elle est plus qu’une mauvaise habitude. Elle peut être un symptôme d’un problème de santé comme l’anxiété, la dépression, le TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention), les Tocs (Troubles Obsessionnels Compulsifs).

Comprendre les causes de la procrastination ?

Différer une action est un équivalent du comportement d’évitement, qui annule le stress associé. Cette habitude semble être consciente puisque l’on sait quand on procrastine. Mais en réalité, cette tendance s’appuie sur l’inconscient. Ce n’est pas une simple question de flemme ou de mauvaise gestion du temps. Comme j’ai pu déjà le dire, nous sommes tous un peu procrastinateurs, mais pas pour les mêmes raisons.

Pour sortir de ce schéma bloquant, il faut en trouver les origines.

    • Pourquoi ai-je tendance à repousser au lendemain ?
    • Qu’est-ce qui me freine ?
    • De quoi ai-je peur ?
    • Quelle est la pire chose qui puisse m’arriver si je le fais maintenant ?

Procrastiner par peur

Il t’arrive peut-être de procrastiner par peur, tu n’oses pas sortir de ta zone de confort : 

    • Peur du jugement
    • Peur d’échouer
    • Peur d’entreprendre, du challenge
    • Peur de prendre des décisions, de faire les mauvais choix
    • Peur de ne pas avoir de résultats
    • Peur de ne pas réussir
    • Peur de réussir : la réussite peut parfois entraîner des contraintes et des changements majeurs

Les autres causes récurrentes de la procrastination

    • Rejet des contraintes : c’est lorsque nous avons l’impression de faire tout le temps la même tâche et qu’il y a un relâchement.
    • Manque de clarté dans la tâche que l’on doit effectuer
    • Manque de sens dans ce que l’on doit faire
    • Manque d’intérêt pour la tâche, ennui
    • Manque de confiance et d’estime de soi : nous nous sentons incapables d’aller au bout de cette tâche
    • Syndrome de l’imposteur
    • Syndrome de la page blanche
    • Excès de perfectionnisme : ce n’est jamais assez bien pour être considéré comme terminé
    • Mauvaise estimation du temps : souvent, les procrastinateurs ont tendance à sous-estimer la durée nécessaire pour faire une tache, ou au contraire à surestimer le temps restant pour l’effectuer.
    • Les fausses urgences : comme nous préférons les tâches moins importantes, mais plus abordables, nous rentrons dans un processus de déculpabilisation en faisant d’une tâche une urgence ou une priorité, alors qu’elle ne l’est pas.
    • L’hyperactivité, la dispersion : nous sommes perdus dans une multitude d’actions commencées, mais interrompues.

Comment passer à l'action ?

Maintenant que tu as compris les raisons de ce comportement, tu vas pouvoir trouver la meilleure stratégie pour surmonter la procrastination. À toi de choisir ce qui s’applique dans ton cas parmi toutes les actions que je te propose.

Sache que peu importe la méthode, elle suppose des efforts et de la rigueur. Tu ne peux pas en finir avec la procrastination du jour au lendemain. C’est même contre-productif. Sans plan d’action, tu peux te décourager, culpabiliser, échouer et procrastiner de nouveau. Ce sera une énième bonne résolution que tu n’auras pas tenue.

Procède par petits pas. C’est le premier qui sera le plus difficile.

Étape 1 : Connaître ses motivations

Pour te préparer au changement, il faut analyser tes propres comportements et connaître tes motivations :

    • Pourquoi dois-je changer ?
    • Qu’est-ce que j’attends de ce changement ?
    • Quels objectifs je souhaite atteindre ?

Étape 2 : Identifier les tâches en retard et les prioriser

Je t’invite à écrire toutes les tâches en retard dans tous les domaines de ta vie. Je te partage quelques exemples récurrents : trier son dressing, archiver ses papiers administratifs, aller à la déchèterie, prendre rendez-vous chez le médecin, appeler ses parents…

Priorise-les en fonction du degré d’urgence et d’utilité de la tâche à réaliser, mais aussi du niveau de difficulté et de la pénibilité de cette dernière. Je te conseille de privilégier le premier critère, car la réalisation de ces sujets te facilite souvent la vie assez rapidement, et renforcera par la même occasion ta motivation et ta confiance.

Étape 3 : Choisir une action à mettre en place

    • Identifie les périodes de la journée dans lesquelles tu es habituellement le plus productif. Nous avons tous des profils un peu différents : lève-tôt, couche tard, créatif la nuit, sport le matin… Prends en compte tes particularités pour planifier les activités qui te demandent le plus d’énergie.
    • Découpe tes tâches de grande ampleur en plusieurs petites actions réalistes et réalisables. Tu ne peux pas traiter une tâche complexe en une seule fois sur un court laps de temps. Une fois les sous-tâches décomposées, elles deviennent plus accessibles, moins difficiles et peuvent être traitées les unes après les autres.

Par exemple, si tu souhaites ranger ton bureau, il est facile de segmenter cette mission en sous-parties. Tu rangeras d’abord le bureau, ses tiroirs, puis la bibliothèque, le meuble, feras les poussières, passeras l’aspirateur et arroseras les plantes. Tu ressentiras une vraie satisfaction à chaque fois qu’un sous-objectif sera rempli, et ne vivras plus comme un échec de ne pas résoudre la totalité du problème en une seule fois. 

    • Utilise la méthode des rounds. Elle suit le même principe de décomposition des tâches, mais appliqué au temps. Découpe le temps en brèves périodes (comme pour les matchs de boxe) pour éviter les distractions. Concentre-toi 10 minutes sur la tâche à effectuer et ne faites rien d’autre. Je t’invite à faire une pause entre chaque round. Elles sont importantes pour ton corps et ton cerveau. Elles te permettent de récupérer de l’énergie et donc de gagner en productivité.
    • Récompense-toi pour chaque objectif atteint. Cette auto-gratification peut sembler triviale, mais elle entretient la motivation. En revanche, veille à ne pas choisir des récompenses addictogènes comme jouer sur votre téléphone, ou t’octroyer 10 minutes sur un réseau social.
    • Anticipe et prépare ta journée à l’avance pour ne pas procrastiner devant la montagne d’activité que tu as à faire sans savoir par quoi commencer. Une journée bien préparée est une journée productive. Tu peux faire une to do list, ou encore utiliser une méthode de gestion du temps comme le Time Blocking. Je te conseille également de te limiter à trois actions essentielles par jour. Assez petites pour être réalistes. Assez grosses pour avancer au quotidien.
    • Diminue les sources de distractions et de “mauvaises” pratiques.
    • Délègue à un prestataire au lieu de reporter tes micros tâches. Tu peux alors te concentrer sur des actions qui comptent réellement pour toi.
    • Entoure-toi de personnes qui ne procrastinent pas, qui sont productives, qui te motivent, qui te tirent vers le haut.

L'art du retard : quand la productivité vient du retard

Peut-être as-tu constaté que ta productivité est nettement augmentée quand tu dois rendre un travail à une date précise, ou lorsqu’une échéance s’impose pour des raisons pratiques (départ en vacances, déménagement…). Ce sont des moments où toute notre énergie et notre motivation sont concentrées sur un seul et même objectif.

Certaines personnes ont pris l’habitude de travailler à la dernière minute pour gagner en efficacité, c’est l’art du retard. Travailler dans l’urgence est une stratégie qui fonctionne pour eux. Ils s’épanouissent en étant sous pression.

Ces personnes doivent toutefois être vigilantes et ne pas infliger cette pression à leurs proches, à leurs collègues, car tout le monde n’a pas le même fonctionnement. À titre d’exemple, j’anticipe et organise toutes mes tâches en fonction des échéances, des priorités, des objectifs, donc être confrontée à l’urgence me stresse plus que ne me rend productive.

“Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse

Nelson Mandela

Cet article a 2 commentaires

  1. Twicsy

    A fascinating discussion is worth comment.

    I do think that you should write more on this subject,
    it may not be a taboo subject but typically people do not discuss such issues.
    To the next! Kind regards!!

    1. Well Com'

      This topic may be taboo for some, but it needs to be talked about, described and normalized. Everyone procrastinates, it’s just important not to make it too big a habit. Thank you for your encouragement!
      ___
      Ce sujet peut-être tabou pour certains mais il faut en parler, décrire ce comportement et le normaliser. Tout le monde procrastine, il faut juste ne pas en faire une trop grande habitude. Merci pour vos encouragements !

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